Procès de l’ex-chirurgien Joël Le Scouarnec aux assises du Tribunal de Grande Instance de Saintes

Joël Le Scouarnec est jugé pour viols et attouchements sexuels sur quatre mineurs. Son procès se déroule du 13 au 17 mars devant la Cour d’Assises de Saintes dans le département des Charentes Maritimes. Il sera jugé plus tard pour les très nombreuses victimes de viols dont il est accusé dans le cadre de sa profession de chirurgien viscéral.

La première journée de ce procès s’est ouverte sur la décision de la Présidente du Jury d’un huis clos total. Il était demandé par une partie des victimes, d’autres souhaitent un procès public. Le huis clos total signifie que le public et les journalistes n’ont pas été autorisés à être présents dans la salle de la Cour d’assises. Seuls le parquet, les avocats de la défense et les parties civiles ont participé aux débats.

L’association « L’Enfant Bleu, Enfance Maltraitée » s’est portée partie-civile dans ce procès et est représentée par Maître Yves Crespin.

Cette première journée, consacrée à la personnalité de l’accusé et  à l’audition des experts psychiatres et psychologiques, a été marquée par une lourde atmosphère, une très grande dignité de la part des parties-civiles. L’accusé a semblé particulièrement affecté par les dépositions de sa sœur, et de ses fils.  Leurs déclarations indiquent que rien dans l’éducation qu’il a reçue ne peut expliquer sa dérive obsessionnelle et perverse.

Inconnu dans la ville où il exerçait

Il n’avait aucune vie sociale à Jonzac. Il vivait dans un isolement  total, volets fermés. Ne voyait personne, ne participait à aucune activité de la ville.  Il était inconnu des médecins et des pharmaciens de cette petite ville. Il ne vivait que pour son travail et sa perversion. 

Un dangereux criminel

Les experts n’ont pas la même analyse de l’accusé. L’un dit qu’il n’a pas de maladie mentale, pas de perversion, simplement un trouble du comportement, ce qui semble pour le moins curieux au vu du parcours criminel de l’accusé. Selon ces spécialistes, il n’est pas schizophrène, ni psychotique, ni paranoïaque, c’est un déviant mais ceci n’est pas une maladie mentale. Il est totalement responsable des actes qu’il a commis. Ils concluent toutefois tous à sa grande dangerosité criminologique.

A-t-il fait un travail sur lui-même pour s’interroger sur sa perversion depuis qu’il est emprisonné ? Il a l’air d’être dans la repentance mais est-ce sincère ? Cet homme est un manipulateur. N’est-ce pas une attitude adaptée à la circonstance ? Les débats des jours à venir aideront peut-être à mieux cerner sa personnalité ?

Dysfonctionnement

L’association par l’intermédiaire de Maître Crespin s’interroge sur le fait que beaucoup de personnes dans l’entourage de Joel Le Scouarnec connaissaient ses tendances pédophiles, notamment dans son entourage familial proche. Pourquoi la justice ne s’est-elle pas interrogée sur la possible mise en cause de certaines personnes pour « non-dénonciation de crimes, article 434-1 du code pénal » ? Il est aussi à noter que ni le Conseil de l’Ordre des médecins ni les dirigeants des hôpitaux qui ont employé Joël Le Scouarnec n’ont pris des mesures permettant d’éviter que ce dernier soit en contact avec des mineurs dans sa pratique professionnelle, malgré l’information qu’ils avaient d’une première condamnation prononcée contre lui en 2005.  En dénonçant cet abominable pervers, on aurait sans doute évité un si grand nombre de victimes. En prenant de simples mesures de précaution on aurait pu protéger nombre d’enfants.

Lundi 16 mars

Compte tenu des consignes données par le Ministère de la Justice, de la nécessité de préserver la santé publique, et de la demande unanime des parties civiles, la Cour d’Assises a décidé du report de l’affaire à de nouvelles audiences qui auront lieu vraisemblablement en septembre ou octobre 2020 (les dates seront précisées ultérieurement).

A l’occasion de la demande de renvoi, qui a été acceptée sans difficulté par la Cour, Me CRESPIN a sollicité la nomination de nouveaux experts psychologues et psychiatres, après avoir fait remarquer que les experts qui ont fait rapports et dépositions avaient examiné Joël Le Scouarnec en 2017 dans les mois qui ont suivi son interpellation, et qu’il convenait d’actualiser la connaissance  qu’on pouvait avoir de cet accusé hors norme et de savoir s’il avait entrepris une véritable thérapie.

 

 

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