Témoignages

Jeune, j'ai essayé de parler à ma mère de mes problèmes de harcèlement et de mes questionnements personnels. La situation que je vivais était beaucoup trop violente pour un enfant de mon âge. Elle a décidé de me faire voir un psy. Ce qui n'a pas été une bonne expérience pour moi.
Ses questions me blessaient plus qu'elles ne m'aidaient. En voyant ma mère dans l'incapacité de comprendre la situation et de m'aider et en voyant cette haine grandir en moi, j'ai préféré me débrouiller seul, pour ne pas lui imposer cette souffrance et ne pas demander d'aide à un professionnel. Je règle donc seul mes problèmes, je me découvre seul, je grandis par mes propres moyens mais toujours accompagné par cette haine.
Un jour, une amie m'a conseillé de consulter un psychologue, éventuellement en association si le cadre professionnel libéral ne me convenait pas. J'avais la possibilité de me faire aider gratuitement et légitimement. J'avais peur, je me morfondais et pensais que ça ne changerait rien, que je devais me débrouiller seul. J'ai donc pris les coordonnées de l'association l’Enfant Bleu en me disant que je n'oserais jamais appeler et que je n'étais pas légitime pour demander de l'aide. Un an plus tard, alors que j'étais anéanti, je suis tombé d'épuisement. J'avais peur de l'extérieur et d'autrui.
Quand j'ai voulu en finir définitivement, je ne voyais plus d'autres solutions. Je ne savais plus quoi faire, mais je ne pouvais plus me débrouiller seul. Même si j'avais eu une mauvaise expérience avec un psychologue, ma situation ne pouvait que s'arranger. Je me devais de laisser de côté cette peur du jugement et cette fierté mal placée.
J'ai pris le reste de courage qu’il me restait et j'ai demandé de l'aide à l'Enfant Bleu. J'avais la possibilité de parler, d'être entendu et conseillé. Je consulte toujours, je découvre et soigne mes plaies. Je combats mes peurs. Je suis soulagé et je reprends le contrôle de ma vie.
ALEXANDRE
Je suis né en 1961, en Algérie à Sétif, durant la guerre. Ma mère était enceinte de moi à 19 ans et mon père était à peine plus âgé quand je suis né. J’ai toujours pensé et j’en suis encore persuadé aujourd’hui que la jeunesse de mes parents a beaucoup joué en ma défaveur.
Ma sœur est née en Algérie deux ans après moi, j’en ai donc déduis que je suis resté à la charge de mes grands-parents maternels en Bretagne deux ans sans voir mes parents. Les premières années de ma vie sont les pièces d’un puzzle incomplet.
Des années plus tard, je me souviens de repas trop arrosés où les langues se déliaient par l’alcool. Les reproches fusaient et mon frère, ma sœur et moi étions les témoins effrayés et marqués de ces violences. Je garde en tête les cris, les hurlements dans la maison, et les violences physiques qui duraient des heures, jusque tard dans la nuit lorsqu’ils se battaient devant nous enfants, terrifiés et impuissants.
J’ai tenté parfois d’alerter l’extérieur de ce qu’il se passait réellement à la maison mais personne n’a voulu me croire ni s’attarder.

Ce que je sais, c’est que je vois encore ma mère me mordre pour « jouer », et moi renvoyer ces violences pour me défendre. Plus je me débattais, plus je pleurais et plus elle était violente. Plus je grandissais, plus elle cognait fort.
La violence de ma mère m’a laissé beaucoup de séquelles, de troubles addictifs, une perte de confiance en moi, et je m’en sors à peine aujourd’hui.
Ces violences acharnées et répétées durant toute mon enfance ont laissé des traces indélébiles en moi et autour de moi jusqu’à rendre ma vie souvent insupportable et celles des autres aussi.

A présent, je me soigne, je veux vivre en paix avec moi-même, mais aussi pour ceux qui m‘entourent. Je veux m’aimer et à vrai dire je n’ai jamais cru cela possible.
JEAN LOUIS
Suivie depuis mes 20 ans par différents psychologues sans vraiment aller mieux et sans vraiment savoir non plus ce qui n'allait pas ; ce n'est qu'à mes 31 ans que j'ai abordé cette histoire avec un psychologue et que ce dernier m'a indiqué que ce n'était pas "normal", que ça pouvait être un point de départ de beaucoup de choses.
Je suis suivie depuis un peu plus d'un an à l’association, je n'ai jamais autant avancé. Le soutien de l'Enfant Bleu et de ma psychologue au sein de l'Association est inestimable.
L'aide, l'accompagnement, l'écoute, le travail et la bienveillance de Camille avec moi n'ont pas de prix.

Alors un grand Merci. En toute lucidité, je n'aurai pas réussi à avancer seule. Heureusement que des associations telles que L'Enfant Bleu existent, c'est indispensable !
VALÉRIE
J’ai entamé ma thérapie principalement pour essayer de comprendre. En effet, je ne croyais pas en ma version. Selon moi, on ne peut pas ne pas se souvenir des choses.
J’ai été prise en charge par Camille. Elle m’a expliqué ce qu’était l'amnésie traumatique. Elle m’a éclairée sur les fonctionnements et les mécanismes du cerveau. Elle m’a aidé à décrypter les pensées que je somatise, les réactions dont je peux faire preuve. Elle m’a alors expliqué et aidé à faire les liens entre ces réactions et mon passé.
Je suis réellement accompagnée dans mon cheminement, le chemin de la résilience. J’ai bénéficié en deux ans d’une soixantaine de séances et j’arrive désormais à gérer de mieux en mieux mes émotions et ce qu’il se passe dans ma vie. J’ai réussi, grâce à Camille, à parler à certains membres de ma famille, à couper contact avec mon agresseur et à me sentir mieux.
Merci à L’Enfant Bleu de me permettre d’avoir un suivi psychologique et d’avoir pu évoluer pour mieux me gérer.
LUCIE