« Les Chatouilles » : un film fort sur la maltraitance sexuelle

4 ans après sa pièce de théâtre "Les Chatouilles ou la danse de la colère", Andréa Bescond, victime de violences sexuelles étant enfant, raconte son histoire dans un film. L'équipe de L'enfant Bleu a eu la chance de le découvrir en avant-première : un film fort, puissant, qui a déjà séduit les médias, à découvrir dans vos salles de cinéma le 14 novembre prochain !

Un film de Andrea Bescond et Eric Metayer, avec notamment : Karin Viard, Clovis Cornillac, Pierre Deladonchamps, Grégory Montel, Carole Franck et Gringe. Un casting haut de gamme pour parler d’un sujet sensible : la pédophilie.
“Le choix de cette histoire s’est imposé à moi comme une survie, comme l’envie de dire haut et fort ce que beaucoup ne veulent pas entendre” Andréa Bescond
Odette a huit ans, elle aime danser et dessiner. Pourquoi se méfierait-elle d’un ami de ses parents qui lui propose de « jouer aux chatouilles » ? Une fois devenue adulte, Odette libère sa parole, et se plonge corps et âme dans sa carrière de danseuse, dans le tourbillon de la vie…

Un film qui traduit de nombreuses réalités rencontrées à l’association L’Enfant Bleu :

La peur des adultes d’affronter la vérité en face.

« C’est l’emprise de l’adulte sur l’enfant, que ce soit l’emprise de l’agresseur ou l’emprise de la famille. On constate que les enfants ne parlent jamais de ce qu’ils ont subi par peur de faire du mal. Il y a aussi, ancrée en eux, la peur de l’adulte et la peur de désobéir : il faut être un bon enfant et rester sur des rails. Mais ces secrets sont un cadavre dans le placard. Et quand ils sont révélés, beaucoup de familles réagissent par le dégoût en disant «ce que tu racontes est sale.

Andréa Bescond, réalisatrice et actrice principale du film

« Il faut parler avec ses enfants et les pousser à parler. Car quand un pédo-criminel se retrouve face à un gamin qui lui dit «pourquoi tu mets ma main là ?», il pourrait s’arrêter. »

Eric Métayer, réalisateur du film

La difficulté d’une victime à parler

Nathalie LAURENT – Animatrice de groupes de paroles PARIS pour l’AIVI :

«  «Les Chatouilles » contient un témoignage essentiel : la difficulté d’une victime à parler. Dans le scénario, Odette ne parvient à parler qu’à l’âge adulte. En France, les études montrent qu’une victime met en moyenne 16 ans à sortir du silence. Le film parle de l’indifférence ordinaire, du déni de l’entourage et de l’immense courage qu’il faut pour sortir de la honte et de la culpabilité. En regardant « Les Chatouilles», on comprend que ces horreurs arrivent dans tous les milieux. C’est une des forces du film, dire l’indicible et faire prendre conscience que le fléau est partout et que la seule façon de le combattre est de faciliter la parole, tant pour la prévention que pour le soin des victimes. Dans nos groupes de parole à l’Association Internationale des Victimes de l’Inceste, nous accueillons chaque mois des « Odette », qui ont subi l’inceste ou la pédophilie, dans toutes les régions de France, ils/elles ont tous les âges, toutes les couleurs de peau, viennent de tous les milieux.»

Une remarquable mise en image d’un tabou :

Un film profondément solaire

Eric Métayer :

« Le film s’est transformé au fil de l’écriture. Au tout début, on était davantage dans une optique proche d’un documentaire à la Depardon. Mais au fur et à mesure du développement, sous l’influence de nos personnalités, le projet a évolué en un récit plus solaire, avec une vraie envie de s’en sortir pour la protagoniste. »

Andréa Bescond :

« Il était important de donner de l’espoir à des victimes en leur montrant qu’on peut s’en sortir et qu’on a les armes au fond de soi. »

Le langage du corps comme expression des émotions

France Schott Billman, psychanalyste et danse-thérapeuthe :

« Comme la plupart des enfants qui subissent ce traumatisme, Odette ne parle pas, mais heureusement pour elle, elle investit intensément la danse, elle utilise le langage du corps qui lui permet d’exprimer des émotions, elle incarne le fameux cygne du ballet de Tchaïkovski.

Pour avoir psychanalysé de nombreux danseurs, j’ai pu constater qu’ils ont tous en commun d’être sujets à des angoisses de mort intérieure. Ils découvrent sur le divan, qu’ils ont choisi la danse pour se sentir vivants, pour vaincre ces angoisses. »

Aujourd’hui en France, 1 enfant sur 5 subit des maltraitances sexuelles

Andréa Bescond : “Maintenant on ne va plus se taire (…) Maintenant on parle !”

Si vous êtes victime, si vous avez été victime ou si vous suspectez une maltraitance sur un enfant de votre entourage, nous sommes là pour vous informer et vous aider : 01 56 56 62 6