Un enfant meurt tous les cinq jours, dans notre pays, du fait de violences le plus souvent familiales*. Ce chiffre, en fait, sous-estime très certainement la réalité. Dans la France du 21e siècle, dans le berceau des Droits de l’Homme, est-ce tolérable? A l’association, nous recevons chaque jour des dizaines d’appels. En raison des différents confinements dus à la crise sanitaire et du mouvement #metooinceste, ces appels ont augmenté de 200% en 2020. Par respect de notre déontologie, nous n’en détaillerons pas ici le contenu. Disons simplement que l’impensable est notre quotidien.

Pas un mois ne se passe sans qu’éclate une nouvelle affaire d’enfant maltraité ou tué. Au-delà de l’émotion que soulèvent ces drames, la même question revient : comment expliquer le manque de suivi des familles repérées pour violences?

La coordination et l’échange d’informations entre les différents acteurs s’avèrent bien souvent imparfaits et variables d’un département à l’autre. Les processus doivent être harmonisés au plan national. Concrètement, les Conseils départementaux qui portent aujourd’hui la responsabilité de la protection de l’enfance, doivent pouvoir disposer d’une uniformisation des protocoles d’évaluation des situations familiales afin, par exemple, de pouvoir les suivre en cas de changement de département.

La formation des personnels intervenant auprès des enfants doit être renforcée. Les associations de protection de l’enfance, après évaluation, doivent pouvoir disposer d’un label les autorisant à intervenir dans les écoles afin de développer sur tout le territoire des actions de prévention. Une collaboration interministérielle en matière d’examen des casiers judiciaires (Ministère de la Justice, Ministère de l’Intérieur, Ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports) est indispensable.

Il est urgent d’organiser, de fédérer et de rationaliser l’action des différents intervenants : ministères, Conseils départementaux, services sociaux, associations, écoles, Police nationale , justice…

Les enfants maltraités d’aujourd’hui sont les adultes de demain. Comment se reconstruiront-ils? Quel avenir auront-ils? C’est pourquoi la protection de l’enfance doit devenir Grande Cause nationale.

Outre le symbole, cet agrément permettrait une meilleure information du grand public tout au long de l’année par la diffusion de campagnes de sensibilisation dans les grands médias nationaux car, bien souvent, témoins comme victimes ne savent pas toujours où et à qui s’adresser.

Oui, la protection de nos enfants mérite d’être Grande Cause nationale!

*Etude de l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) – 2019.

Tribune écrite par Isabelle Debré, Présidente de L’Enfant Bleu

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