Face aux violences qui touchent les plus jeunes, qu’elles se déroulent dans l’intimité du foyer ou derrière les écrans, libérer la parole est une priorité. C’est tout l’enjeu de l’Espace Mineurs du site Ma Sécurité, adossé à la PNAV (Plateforme Numérique d’Accompagnement des Victimes). Conçu avec et pour les enfants et les adolescents, ce service en ligne gratuit, sécurisé et accessible 24h/24 et 7j/7 offre un espace d’écoute unique en son genre sur les violences.
Ici, aucune Intelligence Artificielle. Ce sont de vrais humains, des policiers et des gendarmes spécialement formés, accompagnés au quotidien par une psychologue, qui prennent en charge les échanges en moins de deux minutes.
Pourquoi les mineurs contactent-ils la plateforme ?
Les violences physiques et sexuelles
Sur la plateforme, la thématique des violences sexuelles est centrale : 50 % des chats concernant les violences sexuelles impliquent des mineurs. Les chiffres à l’échelle nationale rappellent l’urgence d’agir :
- Violences sexuelles : en moyenne, 3 enfants par classe en sont victimes.
- Violences conjugales : en France, 4 millions d’enfants y sont exposés, ce qui représente là aussi environ 3 enfants par classe subissant ce traumatisme au quotidien.
- Profil des victimes : les statistiques montrent que les jeunes filles sont le plus souvent victimes entre 10 et 17 ans, tandis que pour les garçons, la tranche d’âge la plus touchée se situe entre 2 et 14 ans.
L’explosion des cyberviolences et de la sextorsion
Le harcèlement et les menaces en ligne ont pris une ampleur sans précédent ces dernières années. Les mineurs qui se connectent à l’espace dédié se retrouvent souvent pris au piège de réseaux de cybercriminalité.
- On enregistre une forte hausse des signalements de +460 % en 3 ans.
- Pour mesurer l’accélération du phénomène, la plateforme est passée de 1 170 signalements en 2022 à 12 000 en 2023, pour atteindre 28 767 signalements en 2024.
Pour beaucoup de ces jeunes cyber-harcelés ou victimes de chantage à la photo intime (sextorsion), cet espace d’échange représente souvent leur toute dernière issue.
La pédocriminalité en ligne
L’exposition et la diffusion de contenus illicites progressent à un rythme effréné sur Internet :
- 870 signalements par jour d’images ou de vidéos pédocriminelles
- Dans 40 % des cas, les auteurs de ces contenus passent également à l’acte dans le monde réel sur des enfants.
Un vrai temps dédié à la prise en charge : 45 minutes d’écoute
Contrairement aux idées reçues sur les services d’urgence, la PNAV ne cherche pas à écourter les échanges. En moyenne, un chat sur Ma Sécurité dure 45 minutes. Un véritable temps suspendu et dédié, indispensable pour décortiquer les mécanismes de la manipulation (comme dans le cas de la sextorsion), rassurer le jeune et libérer une parole souvent verrouillée par la peur ou la honte.
Le principe fondamental : on oriente, on ne force pas. L’objectif premier est de proposer le parcours le plus adapté à la situation. Les forces de l’ordre peuvent renvoyer le mineur vers des psychologues ou des associations partenaires (comme L’Enfant Bleu). Il n’y a aucune obligation de dépôt de plainte.
Toutefois, si le mineur souhaite sauter le pas et porter plainte (ce qu’il a tout à fait le droit de faire seul), la plateforme simplifie totalement ses démarches. Plus besoin de pousser la porte d’un commissariat à l’aveugle : un rendez-vous est directement pris pour lui avec un gendarme ou un policier spécifiquement formé à l’accueil des mineurs victimes.
Réactivité et sécurité : comment ça se passe en coulisses ?
- Le suivi classique : après un premier échange, la victime est recontactée sous un maximum de 8 jours, notamment pour le rdv de dépôt de plainte.
- L’urgence absolue : en fonction de la gravité de la situation ou si les faits sont en cours au moment du chat, la plateforme a la capacité de déclencher une intervention immédiate des services de secours ou des forces de l’ordre sur le terrain.
- Anonymat et protection : Les échanges se font initialement de manière anonyme et confidentielle pour mettre le jeune en confiance. Néanmoins, si un mineur est identifié comme étant en situation de danger direct, l’anonymat est levé dans un seul but : le secourir et le protéger.
Un service accessible à tous
Si l’Espace Mineurs du site Ma Sécurité a été pensé dans ses moindres détails pour s’adapter aux codes et aux besoins des enfants et adolescents, le service de la PNAV reste pleinement accessible aux personnes majeures.
Les adultes bénéficient exactement du même principe de chat instantané, d’outils de prévention et d’orientation personnalisée. De plus, toute personne (parent, enseignant, proche) qui se pose des questions ou soupçonne une situation de violence sur un mineur peut se connecter à la plateforme pour obtenir des conseils professionnels.