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Actualité

Affaire Le Scouarnec : L’Enfant Bleu saisit l’Ordre des médecins sur des manquements déontologiques

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L’Enfant Bleu – Enfance maltraitée, annonce le dépôt de  trois plaintes déontologiques visant d’anciens responsables de l’Ordre des médecins du Finistère. 

Des plaintes déontologiques ciblées

L’Enfant Bleu engage la responsabilité de l’Ordre des médecins du Finistère (CDOM 29) concernant la gestion du dossier du chirurgien Joël Le Scouarnec, dont les crimes sexuels commis sur des patients, pour la plupart mineurs, ont été révélés au grand jour lors d’un procès d’une ampleur exceptionnelle en 2025.

Pour rappel Monsieur Le Scouarnec, ex-chirurgien aujourd’hui âgé de 74 ans, a été condamné en mai 2025 à 20 ans de réclusion criminelle pour viols et agressions sexuelles sur près de 300 victimes, une majorité mineures au moment des faits, commis sur plusieurs décennies et dans différents établissements hospitaliers du Grand-Ouest. Retrouvez notre dernier article sorti lors du procès.

Les plaintes déposées par notre association visent trois médecins ayant exercé des fonctions de responsabilité au sein du Bureau du CDOM 29 à l’époque des faits :

  • le docteur François Simon, alors président du Conseil départemental,
  • le docteur Pierre Jourdren,
  • le docteur Michel Le Her.

Ces plaintes portent notamment sur une absence de réaction disciplinaire appropriée, malgré la connaissance d’éléments particulièrement alarmants concernant le comportement du praticien.

Par cette démarche, L’Enfant Bleu entend interroger les responsabilités institutionnelles et rappeler que la protection des enfants doit primer sur toute autre considération, en particulier lorsqu’elle relève du domaine médical, des instances investies d’une mission de protection du public.

Une condamnation pénale connue dès 2006

Ces plaintes portent sur la gestion par le Conseil départemental de l’Ordre des Médecins du Finistère (CDOM 29) d’informations révélées dès 2006, soit bien avant l’ouverture du procès pénal majeur en 2025. Les faits à l’origine de cette procédure déontologique sont anciens, mais précisément documentés :

Joël Le Scouarnec avait été condamné pénalement le 17 novembre 2005 à quatre mois d’emprisonnement avec sursis pour importation, détention et recel d’images pornographiques mettant en scène des mineurs.

Dès juin 2006, ces informations ont été portées à la connaissance du Conseil départemental de l’Ordre des médecins du Finistère, notamment par un signalement du chef des urgences de l’hôpital de Quimperlé.

Une décision lourde de conséquences

Après le signalement du chirurgien, le 22 novembre 2006, les responsables du Bureau du CDOM 29 ont rencontré Joël Le Scouarnec. Les notes internes de cet entretien font mention d’éléments particulièrement alarmants : « sites porno enfants ++ » mais également que Joël Le Scouarnec, a demandé à être accompagné par « un tiers » pendant ses consultations « pour le protéger »

Un mois plus tard, la situation est inscrite à l’ordre du jour de la réunion du Conseil départemental de l’Ordre des médecins du Finistère.

Les membres du Bureau ont cependant choisi d’inclure le sujet seulement en fin d’ordre du jour, après 4h de réunion, dans une partie sur les « Rendez-vous du bureau ».

A la question : « L’importation et la détention de contenus pédopornographiques portent-elles atteinte à la déontologie médicale ? » les membres du conseil ont répondu massivement par la non-reconnaissance de cette atteinte, avec 18 voix contre, 1 blanc et aucune voix pour, avant de décider de « laisser la DDASS* gérer », sans engager de procédure disciplinaire ordinale. (*direction départementale des affaires sociales et sanitaires)

Cette décision permet au chirurgien de continuer de pratiquer et « entre cette décision et l’interpellation du praticien en 2017, des dizaines d’enfants ont été victimes » selon Maître Boyer, avocat de l’association L’Enfant Bleu.

Nous considérons que cette inaction va à l’encontre de la mission de protection du public confiée à l’Ordre des médecins et que lorsqu’une institution chargée de garantir la déontologie
médicale dispose d’informations aussi graves, elle doit agir, et agir avec la rigueur maximale.

Vers une prise de conscience institutionnelle ?

L’Enfant Bleu souhaite poser une question essentielle de responsabilité institutionnelle : Que fait une instance de régulation professionnelle lorsqu’elle dispose d’informations aussi graves concernant un praticien en exercice, en contact avec des enfants ? Qu’ont fait – ou n’ont pas fait – ceux qui avaient le devoir d’intervenir ?

L’association reproche aux responsables ordinaux visés :

  • une inertie fautive,
  • une absence de réaction proportionnée à la gravité des faits,
  • une défaillance dans la transmission complète des informations aux autorités compétentes,
  • une gestion du dossier ayant abouti à l’absence de toute réponse disciplinaire efficace.

L’action engagée par L’Enfant Bleu vise à faire émerger une prise de conscience, et à contribuer à ce que de telles défaillances ne puissent plus se reproduire.