Qu'est-ce que la maltraitance ?

Quelques chiffres

Il est difficile de dire exactement combien d’enfants sont maltraités en France car beaucoup de situations sont cachées.

Lorsqu’on pense qu’un enfant est en danger, ou qu’il risque de l’être, sa situation est signalée pour qu’il soit protégé.

Des mesures de protection existent pour aider les enfants et les familles à faire cesser la maltraitance.

Nous ne disposons pas de chiffres généraux, complets et récents sur le nombre d’enfants en danger en France. L’élaboration de tels chiffres est l’une des missions confiées à l’Observatoire National de l’Enfance en Danger (ONED) crée en 2004.

Dans l’attente de chiffres plus détaillés, l’ONED  indique dans son rapport annuel de 2008 :

En 2006, 265 913 mineurs bénéficient d’au moins une mesure de protection en France soit 1,88% de la population française du même âge.

Ce chiffre représente une augmentation de 4% en un an.

Jusqu’en 2007, l’Observatoire National de l’Action Sociale Décentralisée (ODAS)  publiait annuellement des chiffres ne recouvrant pas toutefois l’ensemble des situations de maltraitance. 

Définition générale de la maltraitance

La maltraitance est l’ensemble des violences physiques, psychologiques et sexuelles, des négligences et des carences (manques) de la part d’adultes ou de mineurs (personne de moins de 18 ans).

Elle a des répercussions notables sur le développement physique et psychologique de l’enfant qui la subit.

Cette définition vaut que l’enfant participe ou non de façon active à ce qu’il vit.

Les différentes formes de maltraitances

La maltraitance psychologique

La maltraitance psychologique est constituée par l’ensemble des conduites exerçant sur le psychisme de l’enfant une pression ou une influence nocive qu’il n’est pas en mesure de supporter.

Comme l’enfant ne peut pas le supporter, il va manifester sa souffrance de différentes manières (colère, tristesse, violence, repli, maladies…)

Attention : pour dire qu’il y a une maltraitance psychologique, un des exemples de la liste ci-dessous ne suffit pas forcément. Il faut aussi tenir compte de l’intensité, de la durée et du contexte.

Exemples :

-          Humiliation, dévalorisation

-          Injonction paradoxale : enfant auquel on demande une chose et son contraire (exemple : « Mets tes chaussures s’il te plaît» et quelques minutes plus tard « Tu veux salir la moquette ou quoi avec tes chaussures ? »)

-          Menaces verbales répétées, agressivité, terreurs infligées (on lui parle souvent d’une façon dure, qui fait peur)

-          Marginalisation systématique : quand un enfant est sans cesse isolé, mis à l’écart.

-          Exigences excessives ou disproportionnées (quoique l’enfant fasse, ce n’est jamais assez bien, l’adulte n’est jamais content…)

-          Indifférence (on fait comme si l’enfant n’existait pas, personne ne s’intéresse à lui), absence totale de lien affectif ou de parole

-          Surprotection (enfant qui n’a plus de liberté, tout son espace est envahi par un adulte)

-          Carence affective (manque d’affection ou de marques d’affection)

-          Carence éducative (manque de repères, de limites, d’interdits)

-          Exposition à des situations qui ne sont pas de son âge (enfant qu’on laisse regarder ou jouer avec des choses trop violentes pour son âge, qui lui font peur….ex : films, jeux vidéos…)

La maltraitance physique

C’est toute forme d’atteinte au corps de l’enfant.

Les coups mais aussi des aspects plus subtils : forcer un enfant à porter des chaussures trop petites, l’obliger à rester debout des heures pour le punir, l’enfermer et lui interdire toute activité, toute relation sociale (aspects psychologiques mais aussi physiques)

Elle peut se repérer par ecchymoses, hématomes, plaies, brûlures, fractures, intoxication alimentaire, fatigue…

Les négligences

La négligence, c’est quand l’adulte ne satisfait pas les besoins essentiels d’un enfant c’est-à-dire la faim, la propreté, la santé, le besoin de bouger, d’avoir une activité…

Par exemple, quand l’adulte qui s’occupe de l’enfant :

-          Ne donne pas suffisamment à manger à l’enfant

-          Ne permet pas à l’enfant de dormir comme il faudrait (parce que l’adulte le réveille dans la nuit ou l’emmène partout avec lui et l’enfant est réveillé souvent…)

-          Laisse l’enfant sale, ne le lave pas ou ne lui demande pas de se laver…

-          Laisse l’enfant malade, ne le soigne pas

-          N’habille pas l’enfant de façon à ce qu’il n’est pas trop froid si c’est l’hiver ou trop chaud si c’est l’été…

-          Laisse l’enfant se débrouiller tout seul pour faire des choses d’adulte (Exemple : un adolescent qui doit souvent s’occuper d’une personne malade ou handicapée).

Parfois les adultes n’ont pas conscience qu’ils négligent leur enfant (négligence passive)

La maltraitance sexuelle

La maltraitance sexuelle, c’est quand une personne fait participer un enfant à des activités sexuelles qu’il ne peut pas comprendre et qui ne sont pas de son âge.

Il existe plusieurs formes de maltraitance sexuelle :

-    Dans la famille entre un enfant et son père, sa mère, son frère, sa sœur, son cousin, son oncle, son grand-père…

-    En dehors de la famille avec un inconnu dans la rue, un ami de la mère, un animateur du centre de loisir…

On parle de pédophilie lorsqu’un adulte veut avoir des relations sexuelles avec un enfant.

Lorsque c’est quelqu’un de la famille qui veut faire participer l’enfant à des activités sexuelles, on parle d’inceste.

Il y a  différentes formes de maltraitance sexuelle :

Attouchements : un adulte ou un mineur impose à un enfant des gestes à caractère sexuel (caresses, baisers…).

Viol : un adulte ou un mineur impose à un enfant une pénétration à caractère sexuel (fellation, tout autre acte de pénétration).

Exhibitionnisme/voyeurisme :

-          montrer son sexe à un enfant

-          obliger l’enfant à s’exhiber, à se montrer nu

Exposition à des scènes à caractère sexuel :

-          proposer à un enfant de regarder des images sexuelles sur Internet, à la télévision ou dans des journaux

-          lui parler de sa sexualité (ex : appels téléphoniques à caractère sexuel), lui raconter des scènes sexuelles

-          faire assister ou participer un enfant à des scènes à caractère sexuel.

Exploitation sexuelle : utiliser le corps d’un enfant pour de l’argent, par exemple dans le cas des réseaux de prostitution d’enfants.

Mutilations sexuelles : interventions sur les parties génitales (ablation, infibulation, lésions – coups-…)

Ce que dit la loi

  • Un adulte n’a pas le droit d’avoir des relations sexuelles avec un enfant de moins de 15 ans.
  • Après 15 ans, s’il est d’accord, un adolescent peut avoir des relations sexuelles avec un adulte, sauf si cet adulte est l’un des ses ascendants (parent, grand-parent) ou s’il est amené à s’occuper de lui (beau-parent, professeur, moniteur sportif…)
  • Entre enfants de moins de 15 ans  les relations sexuelles ne sont pas interdites par la loi. Cependant un enfant n’a pas le droit d’obliger un autre enfant à avoir des activités sexuelles.

 

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