Procès en appel Kabou : retrouvez la plaidoirie de notre avocat Maître Caroline Rémond

Vendredi, septembre 22, 2017
Nous souhaitions partager avec vous la plaidoirie de notre avocat, Maître Caroline Rémond, lors du procès en appel de la mère de la petite Adélaïde.

PLAIDOIRIE de Me Caroline RÉMOND pour L’ENFANT BLEU

Cour d’Assises du Nord - Affaire KABOU – 14 septembre 2017

 

Il y a des choses que je ne vous dirai pas et des choses que je vous dirai…

 Ce que je ne vous dirai pas :

            Je ne vous dirai pas que :

 

  1. Fabienne KABOU est folle, ou maraboutée, ou malade mentale

  • Ce n’est pas parce que l’on croit à la sorcellerie que l’on tue, que l’on tue SON ENFANT !

  • Les croyances dans la sorcellerie ne sont pas propres au Continent Africain et de nombreuses personnes, dont de grands personnages, ont cru ou croient en la sorcellerie, sans pour autant commettre de crimes.

  • F. KABOU vient d’une famille catholique et croyante : sa grand-mère lui faisait réciter son chapelet chaque soir… « Dans la tourmente, il y a toujours la trace de Dieu » (Angèle BOISSY, mère de F. KABOU).

  • Dieu ≠ Sorcellerie

  • D’ailleurs, l’ethnie des Mancagnes (dont fait partie la famille KABOU) ne reconnaît pas la sorcellerie.

  • Selon Michel LAFON, « seulement » des crises de jalousie…

  • Sur les troubles mentaux : S’il semble acquis, sur le plan psychiatrique, que F. KABOU aurait une altération de son discernement, L’ENFANT BLEU estime qu’elle est néanmoins totalement responsable sur le plan pénal : elle était pleinement responsable des actes qu’elle accomplissait au moment où elle les accomplissait (la mort d’ADA).

  • C’est à la Cour qu’il appartient de déterminer où placer le curseur de la responsabilité de F. KABOU.

  1. Fabienne KABOU n’est pas Fabienne KABOU

  • F. KABOU essaie de faire passer les messages qu’elle n’est pas la seule responsable de la mort d’ADA, que c’est « l’Autre » l’assassin de sa fille.

  • Mais il n’y a pas lieu de tomber dans ce piège !

  • C’est bien F. KABOU qui est dans le box des accusés aujourd’hui et qui a tué. C’est personne d’autre ! C’est donc bien F. KABOU qu’il faut juger.

  • F. KABOU n’était pas une femme perdue ou isolée, comme elle tente de nous le faire croire (« Je suis dans l’isolement total » : F. KABOU à l’audience). Mais c’est vous,     F. KABOU qui l’avez créé cet isolement ! Vous ne subissez pas, c’est vous qui décidez de votre vie !

  • F. KABOU était entourée, notamment par Michel LAFON (« tous les trois, Fabienne, Ada et moi, c’était le Paradis, je n’ai jamais été aussi heureux de ma vie » (dixit Michel LAFON lors de l’audience)), même si ce dernier a aussi une part de responsabilité morale dans la mort d’ADA, pour n’avoir pas été assez présent, ni physiquement ni moralement. Michel LAFON, il propose des choses (le mariage à F. KABOU, l’achat d’une poussette et la confection d’un lit pour ADA, la socialisation d’ADA par l’inscription à la crèche, etc…) mais il ne se voit imposer que des fins de non-recevoir par F. KABOU et il n’insiste pas, sous peine de subir des crises de colère de sa compagne.

  • En réponse à nos questions lors des débats, Michel LAFON nous a livré les priorités de F. KABOU :

    • Avant la naissance d’ADA : « être une grande philosophe »

    • Après la naissance d’ADA : « je ne sais pas… en tous cas, pas commettre les actes qu’elle a faits » (!!)

 

II – Ce que je vous dirai :

            Je vous dirai que :

  1. Fabienne KABOU est décisionnaire.

  • Tout au long de sa vie, F. KABOU a montré qu’elle prenait seule des décisions concernant sa vie et elle les prenait de manière ferme et déterminée :

    • Le choix de son arrivée en France

    • Le choix de ses études et de l’arrêt de ses études

    • Le choix de l’organisation de sa vie

    • Le choix d’emménager avec Michel LAFON (qui ne le souhaite pas a priori)

    • Le choix de l’interruption de ses deux précédentes grossesses

    • Le choix de son exclusion de la société

    • Le choix de la rupture avec son père (en ne lui fournissant pas les justificatifs de ses études alors qu’il lui verse de l’argent tous les mois) et avec sa famille et ses amis (sa demi-sœur, sa cousine, les amis du couple…)

    • Le choix de ne pas avorter (d’ADA)

    • Le choix d’accoucher seule (à l’atelier et non dans une maternité, en ayant indiqué une mauvaise date à Michel LAFON)

    • Le choix de la mort d’ADA (« j’ai décidé, parce que je ne pouvais plus. Il fallait qu’elle parte (…) »)

    • Etc…

  • Votre mère le disait : « Ce qu’elle n’aime pas [Fabienne], c’est qu’on l’ignore ». Haute opinion d’elle-même.

  • Si l’on s’intéresse à son choix de vouloir être « philosophe », on peut se pencher du côté des recherches que faisait F. KABOU (et non de sa prétendue thèse, puisqu’elle était loin d’avoir les diplômes requis pour accéder à un travail de Doctorat !...), et là on retrouve son centre d’intérêt : le philosophe Ludwig WITTGENSTEIN, dont l’œuvre majeure (« le Tractacus ») a pour fil conducteur la volonté, très souvent accompagnée du concept de liberté.

  • Fabienne KABOU, vous avez eu la volonté, l’intention de tuer ADA afin de retrouver la liberté que vous aviez perdue avec sa naissance et avec le fait de vous en occuper.

  • En fait, Fabienne KABOU, ADA était un fardeau pour vous (un « objet encombrant », dixit l’expert VIAUX) et vous la portez comme telle sur la plage (« sous le bras », dixit l’hôtelier), un fardeau dont vous vouliez vous débarrasser.

  • Le sujet de votre prétendue thèse était « Le Dire et le Montrer », thème cher à WITTGENSTEIN : en l’espèce :

    • « Le Dire » : c’est le projet : la négation de l’existence d’ADA (pas de déclaration à l’Etat Civil, grossesse et naissance cachées, pas de parcours de santé de l’enfant, avec les risques y afférents).

  • Cette enfant n’a pas d’existence et elle ne peut pas vivre, elle ne DOIT pas vivre pour vous.

    • « Le Montrer » : c’est la mise en œuvre du projet : c’est la logique de WITTGENSTEIN. C’est le déterminisme : ADA était voués à mourir, c’était son destin !

  • Vous êtes cartésienne F. KABOU, tout comme votre père d’ailleurs, et ces recherches philosophiques, vous les avez investies avec ce cartésianisme.

  • Alors, à partir du moment où l’enfant n’existe pas, il faut qu’elle disparaisse ! Et ça vous arrange Fabienne KABOU !

  • Comment auriez-vous fait après… lorsqu’ADA allait grandir ? Comment aurez-vous géré son existence ? Vous ne pouviez pas la séquestrer et nier éternellement son existence !

 

  1. Fabienne KABOU est une vraie criminelle et mère infanticide

  • Le chemin que F. KABOU a pris pour la mort d’ADA c’est ce que nous appelons, en Droit, l’ « iter criminis » : le chemin criminel. Il sert à déterminer le stade d’implication d’un individu dans la commission d’une infraction et est constitué de différentes étapes :

    • La pensée fugace de commettre une infraction : en l’espèce, depuis sa naissance, il fallait qu’ADA disparaisse…

    • La  délibération intérieure qui s’ensuit : « Faire le plus rapidement possible ce que tu as dans la tête mais tu continues à hésiter » (dixit F. KABOU, dans son « carnet »)

    • La résolution de mettre ce projet en œuvre : consultation des horaires de marée, des horaires de trains via le site SNCF…

    • L’extériorisation de la décision : F. KABOU franchit la porte de l’atelier et elle sait que plus rien ne pourra l’arrêter.

    • L’accomplissement des actes préparatoires : elle prend le bus pour la Gare du Nord, puis le train pour Rang-du-Fliers, puis le bus pour Berck… elle achète les billets et monte effectivement dans ces moyens de transport.

    • Le commencement d’exécution : elle sort de l’hôtel et va sur la plage…

    • La commission / l’action de l’infraction : le passage à l’acte : elle dépose ADA à la marée montante, à 2 mètres à peine de la mer et attend quasiment jusqu’à ce que la mer l’emporte.

  • La détermination : « Dès que je suis arrivée à la Gare du Nord, il me fallait absolument un billet et que je ne repartirai pas sans avoir eu ce billet, sans arriver à la plage pour tuer ma fille. »

  • La préméditation :

    • Tous les actes en amont du crime (recherches des horaires de marée, des horaires de train, recherches sur la ville… avant, à Saint Mandé, et après, discussions avec témoins lors du trajet).

    • Repérage des lieux avant le passage à l’action (première « promenade » sur la plage en arrivant à Berck et avant même de chercher un hôtel, puis quelques minutes avant le crime : « Je n’ai pas pris le premier escalier, peut-être parce qu’il était trop exposé à l’éclairage municipal »).

  • F. KABOU est bien une criminelle et il ne faut pas se tromper : ce qu’elle décrit au moment du crime, c’est le plaisir du criminel, la jouissance dans la réalisation de sa préméditation, dans l’objectif qu’elle poursuit : l’élimination d’ADA. Elle réfléchit aux avantages (« Je réfléchissais aux avantages de cette situation » dixit F. KABOU après son crime)

  • Elle avait la pleine conscience des actes qu’elle accomplissait : et quand Mme l’Avocat Général lui demande : « Pourquoi avoir demandé « pardon » à ADA avant de la déposer sur la plage à marée montante ? », F. KABOU répond, glaçante : « Parce que je suis consciente que je vais probablement faire du mal à ADA ! »…

  • Alors, F. KABOU, vous n’allez pas nous faire croire qu’ADA était sereine sur la plage (première fois qu’ADA allait à la plage…), dans le froid, de nuit, et sans sa mère ! Elle devait être terrorisée ADA !

  • Vous continuez à nous manipuler Fabienne KABOU !

  • On ne peut pas admettre d’entendre que vous êtes une bonne mère Fabienne KABOU, une « mère magnifique » (selon Michel LAFON) : vous avez privé ADA de soins et la privation de soins c’est également une forme de maltraitance contre laquelle nous luttons à L’ENFANT BLEU :

    • Pas de suivi pendant la grossesse

    • Accouchement seule à l’atelier et non dans une clinique/un hôpital

    • Pas de suivi post-naissance : ADA n’était pas inscrite dans un parcours de santé

  • D’où les risques encourus par ADA… Le principe de précaution doit prévaloir en tout état de cause.

  • Qui était ADA pendant sa vie qui a duré 15 mois ?

  • Vous ne l’avez pas sortie (c’est Michel LAFON qui s’en chargeait, le matin au Parc de Vincennes)

  • Vous ne lui avez jamais acheté de jouets ou si peu que vous ne vous en souvenez même pas ! (son jouet préféré c’était la Girafe Sophie, mais c’est une nounou du Parc de Vincennes qui la lui a achetée !)

  • Les seuls droits qu’ADA a jamais eus c’est post-mortem : des obsèques et un Etat Civil (demandé par le Procureur de la République).

  • C’est sûr que vous ne l’avez pas frappée physiquement ADA, c’est pire : VOUS L’AVEZ TUÉE !!!

« Conclusion » :

  • ADA et née et a vécu dans l’indifférence,

  • ADA est morte dans l’incompréhension,

  • Mais elle restera certainement dans la mémoire de la Cour et dans notre mémoire.

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